Vous êtes un néophyte du « BIM », Paulina, BIM Manager certifiée chez GS3.archi, vous l’explique dans le détail :

Suivant les différentes définitions, pour certains, le BIM sert avant tout à la réalisation de la maquette numérique du bâtiment. Pour d’autres BIM permettra d’anticiper les erreurs et de les remédier directement sur ordinateur.

Building Information Model – Modélisation des Informations (données) du Bâtiment

Building Information Modeling – Modèle d’Information Unique du Bâtiment

Building Information Management – Bâtiment et Informations Modélisés

Building Information Model – système de représentation en trois dimensions assorties d’une base de données qui caractérise de ses composantes

cela concerne la fabrication de la maquette

Building Information Modeling = introduction des processus conceptuels basés sur l’analyse et la modélisation des phénomènes (comportement des structures, optimisation énergétique, maîtrise acoustique…)

cela concerne l’interopérabilité entre les logiciels et la mise en place de processus collaboratifs autour de la base de données

Building Information Management = le processus de gestion de la base de données BIM et du travail collaboratif, tout au long du cycle de vie du projet. Cela concerne la gestion de l’ensemble des études de chaque intervenant, intégré à la maquette numérique commune et à l’établissement d’une plate-forme collaborative qui organise les échanges et contrôle le partage des informations entre les acteurs tout au long du processus.

Le BIM (Building Information Modeling) consiste en l’utilisation d’une maquette numérique reprenant la géométrie 3D et des informations structurées liées aux objets (quantités, normes, caractéristiques …). Le BIM englobe aussi l’ensemble des méthodologies pour la modélisation et l’utilisation de cette maquette numérique à données intégrées. Le BIM est donc avant tout l’ensemble du travail collaboratif autour de la maquette et des données liées, tout au long du cycle de vie du projet.

La collaboration entre les participants aux projets de construction est essentielle à la livraison efficace du bâtiment. Un des principaux constituants de l’environnement collaboratif est la capacité de communiquer, de réutiliser et de partager des données efficacement sans perte, contradiction ou mauvaise interprétation.

Le véritable travail collaboratif requiert une compréhension mutuelle et une confiance au sein de l’équipe et un niveau de processus normalisé plus élevé que ce qui a été connu auparavant, si l’information doit être produite et livrée de façon régulière et en temps opportun.

Les avantages de travailler de cette manière peuvent inclure moins de retards et de différends au sein de l’équipe, une meilleure gestion du risque du projet et une meilleure compréhension des coûts engagés.

Choix du niveau de BIM

niveau 1 – dessins essentiellement plans (AutoCAD) – coordination spatiale (système de référence) – géométrie sans objet de construction

niveau 2 – modèle 3D (Autodesk Revit, ArchiCAD, Tekla) composé d’objets (murs, colonnes, etc.)

niveau 3 – modèle BIM collaboratif, avec synchronisation entre toutes les parties

Le choix d’un niveau et sa justification incluent l’investissement à prévoir (formations aux logiciels), les bénéfices attendus, les risques, etc.

LOD – (Level of detail) – Niveau de détails de la maquette = niveau de détail (lié à la précision de la représentation géométrique) + niveau d’information (lié aux informations et propriétés associées à un objet LOD 100 – LOD600

le choix du niveau du détail est aussi important afin de ne pas tomber dans la surmodélisation ou dans l’implémentation excessive de données.

Le niveau de détail de la maquette dépend de la phase du projet

Pour une même phase, différents éléments peuvent avoir différents niveaux de détail

Le degré de détail a une grande influence sur le workflow, tant sur le plan de la charge de travail que sur la performance du software

LOD100 : les éléments du modèle peuvent être représentés par un symbole ou de manière générique. Les informations contenues dans les éléments peuvent provenir d’autres éléments

LOD200 : Les éléments du modèle sont représentés graphiquement d’une manière générique en tant qu’objet ou assemblage. Les dimensions, quantités, formes, positions et orientations des éléments peuvent être approximatives.

LOD300 : Les éléments du modèle sont représentés graphiquement d’une manière spécifique en tant qu’objet ou assemblage. Les dimensions, quantités, formes, positions et orientations sont spécifiques aux éléments.

LOD350 : Les éléments du modèle sont représentés graphiquement d’une manière spécifique en tant qu’objet ou assemblage. Les dimensions, quantités, formes, positions et orientations sont spécifiques aux éléments. Les éléments interagissent avec les éléments.

LOD400 : idem LOD350 mais avec en plus les informations sur le détail, la fabrication, l’assemblage et l’installation sont contenues dans les éléments

LOD500 : idem LOD400 mais tel que construit et vérifié sur place

LOD600 : pour l’exploitation / maintenance

Lors de la formation, nous avons eu plusieurs conférences lors desquelles les différents intervenants ont fait leur retour d’expérience au niveau de la mise en pratique du BIM.

La liste des intervenants :

-Daniel Hurtubise – architecte Renzo Piano Building Workshop (RPBW) Paris

-Nikolaas Boucquey – Bureau d’études Ingenium – projet Chirec

-Frédéric Lebreton – architecte partenaire – responsable agence AIA architectes Paris

– Bouygues Immobilier

Ils ont tous avoué que le BIM leur a aidé à mieux gérer le projet , la communication a été améliorée. Il y avait une meilleure compréhension du projet grâce au support 3D – possibilité d’entrer dans la maquette, d’y faire des coupes et des annotations.

Le clash détection permet résoudre des problèmes, de vérifier un ensemble de contraintes avant la construction.

Ce qu’il faut savoir que dans tous ces cas, tous les intervenants ont travaillé avec le même logiciel – Revit.

Il ne faut pas non plus oublier que derrière tout cela, pour que le BIM puisse marcher pour du vrai, il y a un grand travail à faire au niveau de l’organisation (il faut surtout que tous les partenaires s’y mettent) , gestion de tous les intervenants, au niveau du software, etc.

Thomas Vandenbergh de BESIX nous avait aussi donné un cours sur le BIM. Il nous a expliqué que BESIX a même investi pour donner des cours de Revit, d’apprentissage à leurs sous-traitants.

Il y avait aussi une conférence très intéressante des deux professeurs ULB et Ulg qui aident des bureaux à se mettre en BIM. Ils ont p.ex. justement aidé au bureau AIA de s’y mettre. C’est tout un travail avec les gens au travers des ateliers ,pour qu’ils comprennent c’est quoi le BIM, comment on va travailler, quel est le rôle de chacun, etc.

Afin de réussir la formation, nous avons eu un exercice / un travail à faire. Il s’agissait d’un projet d’auditoire de 140 places en extension aux bâtiments existants de la Faculté d’Architecture LOCI à Tournai. Donc il fallait faire une maquette 3d + le protocole BIM qui devrait bien définir les différents objectifs, usages et processus.

On était divisé en 4 groupes. On était au total plus ou moins 25 personnes. Parmi ces personnes, une n’a pas travaillé en Revit. Ce sont les professeurs qui ont fait des choix. Moi je me suis retrouvée donc dans un groupe avec cette personne qui ne travaille pas en Revit , mais en ArchiCAD. Suite à cela on s’est très vite rendu compte de la complexité de la maîtrise des échanges de données.

Si l’on travaille avec des logiciels différents (dans le cas ici Revit et ArchiCAD) l’échange entre les intervenants se fait via des fichiers IFC (format neutre). Cependant les deux logiciels de travail demandent une parfaite préconfiguration de leurs traducteurs d’import-export IFC afin d’assurer la bonne transmission des maquettes et des données associées. Les logiciels nécessitent même souvent l’installation de plug-in devant améliorer ces dites transmissions.

Si l’on travaille également avec les différents logiciels (Revit / ArchiCAD ou autre) le BIM niveau 3 (synchronisation des maquettes entre toutes les parties) n’est pas possible.

Le BIM est assez bien avancé en France, en Angleterre.

France – Mediaconstruct a publié un « Guide méthodologique pour des conventions de projets en BIM ».

En Belgique cela arrive doucement…

Grâce à la suite d’outils « Building Design Suite », le bureau où je travaille conçoit déjà depuis 2008 tous les projets en maquette numérique 3D (Revit). Nous avons déjà aussi l’habitude de travailler en groupe mettant en place les fichiers centraux et les fichiers locaux. Ceci concerne qu’un seul aspect du BIM.

Aujourd’hui nous entamons la phase suivante , l’extraction des données de matériaux et de quantités afin de générer des métrés.

Grâce à notre partenaire Tase Solutions, nous avons essayé un outil C3A qui permet de générer automatiquement des métrés et des cahiers des charges sur base de la maquette numérique.

Cependant le cahier des charges proposé était basé sur le cahier des charges de base version flamand, ce qui ne nous permet pas encore de mettre cet outil en place.

Nous avons cependant notre cahier de charges de base et nous l’intégrons dans la maquette – le principe de C3A est utilisé.

En parallèle nous testions le partage de la maquette numérique avec nos partenaires bureaux d’études (via Cloud A360 / BIM 360 Team).

À partir de 2016 (fin de l’année), j’ai alors cette opportunité de tester la mise en place de BIM dans le bureau.

Pour l’instant cela concerne trois projets à Evere (construction des immeubles d’appartements / 1er projet – construction d’un immeuble de 22 logements avec un rez-de-chaussée partiellement commercial / 2e projet – construction d’un immeuble de 13 logements et une maison unifamiliale/ 3e projet – construction d’un immeuble de 27 logements avec un rez-de-chaussée partiellement commercial).

Le partage des maquettes numériques se fait via la plate-forme BIM 360 team.

Les postes du cahier des charges ont été intégrés dans ma maquette numérique ce qui a permis d’extraire des quantités des différents éléments.

Le projet a été divisé en plusieurs phases correspondant aux phases de l’exécution (gros œuvre / second œuvre / parachèvements).

Malheureusement notre partenaire le bureau d’études établit, actuellement, uniquement la maquette MEP, les plans de stabilité sont toujours faits en 2D (AutoCAD), ce qui ne permet pas la collaboration entre les différents partenaires, dans le sens BIM, à 100 %. Au stade actuel, je suis donc obligée de modéliser les éléments de structure moi-même dans Revit, en me basant sur les plans 2D reçus de bureau d’étude. (mais à ce moment-là question juridique quid de responsabilité…)

Sans cela je ne serai pas capable de vérifier si la structure n’est compatible avec mon modèle architectural ni si les éléments de structure ne sont pas en conflit avec les installations techniques ou si les hauteurs sous poutres sont respectées.

Grâce au logiciel Navisworks et clash détection, je peux détecter les erreurs éventuelles, voir s’il n’y a pas des objets qui se chevauchent, s’entrecoupent ou apparaissent en double.

Malheureusement les entreprises avec lesquelles nous travaillons, ne sont pas non plus, comme le bureau d’étude stabilité, encore à un stade très avancé dans la conversion BIM.

Le BIM nécessite l’engagement de tous les intervenants d’un projet de construction.

Même si dans notre bureau, nous avons l’intention et nous essayons déjà de mettre cette méthode de travail collaboratif en œuvre, sans les autres acteurs, cela reste toujours difficile et limité.

Le premier projet est en cours de construction. Nous utilisons la plate-forme BIM 360 Doc pour le partage de plans/documents, etc., mais tous les intervenants ont encore du mal à mettre cette plate-forme en pratique…idem pour le BIM…

Le BIM englobe une multitude d’intervenants. C’est vrai que pour moi il peut être très pratique lors du chantier, mais il faut que tous les partenaires y participent et qu’on utilise tous le même logiciel pour pouvoir synchroniser les maquettes en temps réel.

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